L’étude sur l’écoconception des services numériques vidéo démontre que les principales recommandations du RGESN permettraient des gains significatifs sur l’impact carbone de la vidéo si elles étaient suivies par tous les acteurs de l’écosystème numérique.
Téléchargez les 69 pages de présentation de l’étude ou les 7 pages de synthèse
Bien qu’il n’en soit pas fait état dans la synthèse, l’étude soulève un point capital et réellement inédit.
L’impact environnemental n’est pas la seule responsabilité des internautes.
Les éditeurs de services numériques devraient faire leur part.
[il faut] « responsabiliser les acteurs éditeurs de services numériques, afin qu’ils donnent aux utilisateurs les moyens d’adopter des usages plus sobres. »
« ces dernières années, les recommandations se sont beaucoup concentrées sur la responsabilité des utilisateurs alors qu’il existe de vrais leviers du côté des éditeurs. La responsabilité environnementale devrait donc être mieux répartie entre utilisateurs et éditeurs de contenus. »
« Par conséquent le RGESN devrait être…
Option 1) massivement adopté et appliqué.
Option 2) rendu obligatoire par défaut pour les éditeurs de contenus »
Il s’agit comme on dit d’un virage à 180°.
Jusqu’à présent, c’était aux internautes d’avoir un comportement sobre et de baisser la qualité des vidéos regardées. La loi REEN suggérait de mettre en place une mesure de l’impact carbone des services (que seul Streamlike propose) mais comptait sur la fibre écologique des internautes pour le faire baisser.
Les mesures étudiées et les solutions proposées
L’étude ne fait pas état des plateformes vidéo d’entreprise mais leur fonctionnement est assimilable aux services de streaming (Netflix etc.) ou aux plateformes (de partage) vidéo (YouTube etc.).

L’étude s’est intéressée à 6 bonnes pratiques.

Les bonnes pratiques pour un Streaming Responsable promues par Streamlike depuis 2020 vont encore plus loin.
Les mesures effectuées en laboratoire par Greenspector et ICare situent l’ordre de grandeur des gains pour quelques pratiques :
- Le mode audio seul permet un gain de débit pouvant atteindre 70%
- Le mode « économie de données » (appelé « Throttling » chez Streamlike) procure un gain moyen en débit qui peut atteindre 84% sur smartphone
- La désactivation de la lecture automatique des vignettes peut faire gagner 97% de transit de données lors de la consultation d’un catalogue
Ces mesures ont fait apparaître des écarts de débit de 1 à 20 entre services vidéo et constaté que les réseaux sociaux consomment 2 fois plus de données que le streaming vidéo.
Depuis le temps que nous disons qu’il n’est pas anodin de détourner un réseau social de sa fonction en s’en servant pour héberger des vidéos, la conséquence environnementale est enfin confirmée!
Les réglages de sobriété par défaut que propose Streamlike permettent d’atteindre des débits moyens très inférieurs à la moyenne des services de streaming mesurés.

Et maintenant, que fait-on ?
L’impact environnemental du numérique sera multiplié par trois entre 2020 et 2050, selon le scénario tendanciel de l’étude prospective de l’ADEME-ARCEP, stimulé par les grands acteurs de la Tech et l’économie de l’attention.
L’étude prévoit que le seul respect des 6 pratiques citées issues du RGESN permettrait un gain de 25% d’impact carbone sur le réseau mobile et 10% sur le réseau fixe.
La condition pour cela est de mobiliser (de contraindre?) les éditeurs de service pour que les options de sobriété soient proposées par défaut.
Dans l’univers professionnel, les conditions sont de
- ne plus profiter de réseaux sociaux comme YouTube pour héberger gratuitement ses vidéos,
- ne pas abuser des vidéos sur LinkedIn ou Instagram qui combinent toutes les mauvaises pratiques d’une conception environnementalement irresponsable.
Pour en savoir plus
Depuis 2019, Streamlike s’est intéressé au sujet de l’impact environnemental du streaming en mettant en œuvre une mesure de l’impact carbone de sa plateforme, en développant des solutions techniques de sobriété numérique et en sensibilisant les entreprises et organismes publics à la pratique d’un streaming responsable.
Tous nos travaux sont en accès libre sur notre blog.